Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 00:00

Diane de Poitiers est célèbre par sa beauté et pour avoir été la maitresse de deux rois de France et surtout, malgré 20 ans de différence d'âge, le grand amour de Henri II





Diane, célèbre pour sa beauté

Diane de Poitiers (vers 1500-1566) comtesse de Saint-Vallier, duchesse de Valentinois, fut la favorite d'Henri II, roi de France. Dotée d’un sens aigu du pouvoir et de ses intérêts financiers, célèbre pour sa beauté, elle exerça une grande influence sur le roi.




Diane ou la beauté de la femme mure


Diane était la fille aînée de Jean de Poitiers (+ 1539). Orpheline de mère à six ans, elle passa ses jeunes années auprès d'Anne de Beaujeu, fille de Louis XI et ancienne régente.


C’est sur son entremise qu'en 1515, âgée d'à peine quinze ans, elle épouse Louis de Brézé, son aîné de près de 40 ans, petit-fils de Charles VII et d'Agnès Sorel. Elle lui donnera deux filles.




Le cocu, Louis de Brézé


En 1524, son père sera compromis dans la trahison du connétable de Bourbon, gendre d’Anne de Beaujeu. Devenu le principal bouc émissaire de l’affaire, c’est in extremis sur l’échafaud qu’il apprend sa grâce, accordée par le roi en reconnaissance des bons et loyaux services de Louis de Brézé qui l’avait d’ailleurs alerté sur le complot. Jean de Poitiers finira ses jours enfermé.





Le roi François Ier, amant de Diane de Poitiers

Elle est dame d’honneur de la reine, puis de la mère du roi, Louise de Savoie, et enfin de la reine Eléonore. A-t-elle été la maîtresse du roi? C'est probable et aussi que François l'ait "transmise" à Henri, pour faire son éducation.


A la suite de la défaite de Pavie (1525), le dauphin François et son cadet Henri, duc d'Orléans et futur Henri II, sont remis en otage à Charles Quint en échange de leur père. Du fait du retard dans le paiement de la rançon, les deux princes sont bientôt soumis à une détention sévère et passent presque quatre années (1526-1530) très isolés, dans l’incertitude quant à leur avenir.




Le futur Henri II, au moment de sa captivité

Henri se plonge dans la lecture de romans de chevalerie. Cette expérience a pu contribuer à lui faire voir la "Dame par excellence" dans celle que son père charge de faire son éducation de cour lorsqu’il revient en France. Il a alors 11 ans et elle 31. C’est d’ailleurs Diane qui lui avait donné son baiser d’adieu lors de son départ pour l’Espagne, la reine Claude étant morte deux ans plus tôt. Lors du tournoi organisé en 1531 pour le couronnement d’Éléonore de Habsbourg, alors que le dauphin François salue comme il se doit sa nouvelle belle-mère, c’est devant Diane de Poitiers qu’Henri abaisse sa lance et ses couleurs.


Henri II séduit par Diane

Louis de Brézé meurt en 1531.Henri épouse Catherine de Médicis en 1533.





Catherine de Médicis, la couronne... et les cornes


On estime généralement d’après leur correspondance que c’est en 1538 que Diane devient la maitresse d’Henri, promu dauphin deux ans auparavant par la mort de son frère.




Les amants, Henri et Diane

Intelligente, passionnée, de haute noblesse, consciente de son prestige et de son influence, elle est de vingt ans plus âgée que son amant. Leur relation amoureuse, parfois évoquée complaisamment par des écrivains comme Brantôme, restera en fait d’une extrême discrétion. L’emprise que Diane exerce sur Henri est complexe : nettement plus âgée et plus cultivée que lui et l’ayant de surcroît en partie éduqué, elle est autant sa marraine, sa dame objet d’amour platonique et sa conseillère que sa maitresse.



La belle Diane, grand amour de Henri

Henri II eut peu d'incartades notoires, toutes d'assez courte durée. Les mieux connues sont Filippa Duci, Jane Stuart et Nicole de Savigny. De la première, rencontrée lors d’une campagne, il aura une fille, la future Diane de France (née en 1538), qui fait taire les rumeurs concernant sa possible stérilité. Envoyée en France, elle sera prise en main par Diane de Poitiers et nommée après elle.



Filippa, une éphèmère rivale de Diane

La liaison avec la deuxième, gouvernante de Marie Stuart, semble avoir été encouragée par le connétable de Montmorency, pour écarter les Guise. Absente momentanément de la cour pour raison de santé, elle revint en catastrophe avertie par les Guise et fit, en accord avec Catherine de Médicis, renvoyer Janet Stuart en Écosse après la naissance d'un fils.. Le fils qu'Henri II eut avec Nicole de Savigny, fut titré mais non reconnu car le roi conservait des doutes sur sa paternité.


Le grand-père maternel de Catherine est le frère de la grand-mère paternelle de Diane ; elles sont donc parentes. C’est d’ailleurs autant en « belle-mère » mi-protectrice mi-abusive qu’en rivale que Diane agace Catherine. C’est en effet elle qui pousse Henri II à multiplier les visites nocturnes à sa femme lorsque les rumeurs de répudiation s’élèvent devant la stérilité prolongée du couple. Elle se fait confier l’éducation de leurs enfants, qu’elle conserve jusqu’en 1551. Sa fille Françoise est aux commandes de la maison de Catherine de Médicis.

 

Du temps de François Ier, la sénéchale de Normandie partage tout d'abord l'influence à la cour avec la duchesse d'Etampes, maîtresse royale : chacune d'elles a son parti, et leur rivalité occasionne plusieurs scènes scandaleuses.



François Ier et sa "putain" la duchesse d'Etampes

À la mort du roi en 1547, tenace dans ses haines, Diane fait exiler la duchesse et devient toute-puissante : Catherine de Médicis, dont la position s’est consolidée depuis qu’elle a mis au monde un héritier (1544), doit pourtant concéder son ascendant à la favorite, qui est faite en 1548 duchesse de Valentinois, titre habituellement décerné aux princes du sang ou étrangers, puis duchesse d'Étampes en 1553. Elle s'entoure d'une cour brillante mais néanmoins plus austère que celle de François Ier.



Henri lui fait cadeau de bijoux de la couronne et de la propriété royale de Chenonceau.sur laquelle elle charge Philibert Delorme, son architecte, de bâtir un des plus beaux ouvrages de l'époque.




Philibert, architecte et amant?

Lors du sacre de Catherine en 1549, elle préside la cérémonie vêtue de la livrée des princesses du sang. Jusqu’à la mort du roi, Diane exerce une grande influence sur lui qu'elle veille à préserver. Elle favorise tour à tour Anne de Montmorency et le parti des Guise. Catholique convaincue, elle pousse le roi à réprimer les huguenots.





Diane, plus reine que la reine

Lorsque le roi est mortellement blessé en 1559, Catherine de Médicis interdit toute visite de Diane à son chevet. À sa mort, elle n’est pas admise aux funérailles et la régente l’oblige à échanger Chenonceau contre Chaumont. Diane restitue également les bijoux de la couronne assortis d’un inventaire.




Dernier roi chevaleresque, Henri meurt suite à un tournoi, où il portait les couleurs de sa maitresse


Diane se retire à Anet où elle meurt à l'âge de 67 ans

Par Philippe - Publié dans : Références historiques
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