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Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 00:00

Catherine II, impératrice de Russie (1762-1796), était connue pour son appétit sexuel et ses nombreux amants. L'amour de sa vie est le prince Grigori Potemkine, qu'elle épousa secrètement vers l'automne 1774. Elle avait un fils, Paul, qu'elle aimait peu, lui préférant ses petits-fils. D'un autre de ses amants, Grigori Orlov, Catherine II eut deux enfants naturels nés en secret.

 

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Une petite princesse allemande plutôt insignifiante

 

Sophie d'Anhalt-Zebst, princesse allemande (1729-1796), est choisie par la tsarine Elizabeth pour épouser l'héritier de la couronne, le futur Pierre III en 1745. Née dans la religion luthérienne, elle avait été baptisée sous le nom de Sophie-Auguste; elle l'échangea contre celui de Catherine lorsqu'elle se convertit à l'orthodoxie russe pour épouser (le 1er septembre 1745) le Grand Duc Pierre, neveu et sucesseur de l'impératrice Elizabeth Petrovna, la fille de Pierre le Grand.

 

Rokotov Portrait Catherine II

 

Sophie, devenue Catherine n'est pas belle mais sera une dévoreuse d'hommes

 

Sophie n'est pas belle. Visage ingrat, petite et boulotte, son physique, elle le sait, n'attire pas. Par contre, elle s'aperçoit très vite qu'elle charme ses interlocuteurs par son rire, sa gaieté, son esprit.


Elle décide de le cultiver et s'adonne à l'étude. Elle sera une dévoreuse de livres avant de devenir une dévoreuse d'hommes!

 

Elisabeth Petrovna par Heinrich Buchholz Vers 1768

 

L'impératrice Elzabeth, une autre nymphomane

 

La tsarine du moment, Elisabeth n'est qu'une virago, une ivrognesse et une nymphomane, quoiqu'elle n'oublie jamais qu'elle est la fille de Pierre le Grand, une Romanoff!

 

pierre iii

 

Le cocu, Pierre III


Le futur tsar est un mâle vaniteux, fanfaron, sans cervelle. Un être cruel. Ce prince d'origine allemande est fervent admirateur de Frédéric II de Prusse et méprise hautement la Russie. Le futur empereur déguise sa garde personnelle en dragons du régiment de Hostein et les mène à la trique. Il ira jusqu'à renseigner son idole Frédéric sur les forces impériales russes. Pierre n'est pas payé de retour, l'idole le considère comme un demeuré!


Pierre méprise son épouse Catherine, lui reprochant de s'être convertie trop vite à la religion orthodoxe! Bien sûr, cet ennuyeux personnage, cet homme grossier n'a rien en commun avec le charme et la gaîeté spontanée de la jeune princesse.


Il est vrai qu'elle pousse un peu. Sophie-Catherine a décidé de devenir russe! Dans ce but, elle arpente ses appartements le jour et la nuit apprenant la langue de sa nouvelle patrie. Catherine ne manque aucun office orthodoxe.

 

Elle veut tout connaître de cet immense empire sur lequel, elle en est sûre, elle régnera un jour... Elle dira à ses médecins :
- Saignez-moi de ma dernière goutte de sang allemand pour que je n'aie plus que du sang russe dans les veines.

 

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Le fils mal aimé et et sans doute batard, Paul Ier


Le couple n'a toujours pas d'héritier! La tsarine ivrognesse Elisabeth s'inquiète et doute des capacités de son neveu Pierre. Elle prend alors la décision de lui faire subir une opération (bénigne) qui devrait le transformer en homme digne de ce nom.

 

Saltykov Pyotr

 

Saltykov le premier amant, le géniteur


Durant ces huit années de mariage non consommé, Catherine a découvert ce qu'était l'amour dans les bras d'un certain Saltykov. Et elle attend un enfant! L'Histoire va se perdre en conjectures sur le géniteur de ce nouveau-né! Il y aurait de fortes chances pour que son père biologique soit Serge Saltykov. Alors...

 

Grigori orlov

 

Grigori Orlov, l'amant décisif


Catherine a trouvé un nouvel homme, Orlov, de nouveaux hommes : 0rlov et ses frères!
Grigori Orlov quitte les bras de la princesse pour se livrer à une fervente propagande en faveur de sa maîtresse contre Pierre. Tout le monde semble à l'écoute, car la cour s'inquiète de la suite des événements, la santé de l'impératrice déclinant rapidement.
La fille de Pierre le Grand s'éteindra à la fin du mois de décembre 1761 et le demi-fou Pierre devient le maître de la Russie et prend le nom de Pierre III.
En quelques mois, il se rend odieux.
Quant à ses rapports avec Catherine, ils ne sont pas fameux, elle est détestée, bafouée en public, doit s'incliner devant la maîtresse de son époux, etc.
Quelle est son attitude face à ce désaxé? ce dément? Eh! bien, Catherine cache sous un silence désespéré un ventre arrondi, car elle est enceinte de son amant. L'enfant d'Orlov naîtra dans le plus grand secret et disparaîtra, aussi vite que le premier-né, de la vie de sa mère. La cour, paraît-il, n'en sût rien...
La tsarine continue à être malmenée par un époux qui fait peur à tout le monde. Ses excentricités affolent les courtisans témoins de scènes torrides.
Le drame se noue lors d'un banquet, au cours duquel, devant une assistance apeurée, le tsar injurie si violemment Catherine que toute la cour se range aussitôt au côté de l'épouse ainsi maltraitée. Celle-ci a compris que cette haine féroce risque de la mener non seulement vers la répudiation, mais peut-être vers la prison, voire la mort!
Elle doit prendre une décision!
- J'ai décidé soit de régner, soit de périr!
Son entourage va l'aider, soulever la garde, rameuter les hautes personnalités de l'Etat, de l'Eglise, profiter de ce coup d'état mené, non pour elle, mais contre Pierre III!

Orlov vient la quérir :
- Il est temps, il faut vous faire couronner impératrice!
A sa grande surprise, il semble que les Russes n'attendaient que cela! Catherine, alors, lit une proclamation, débité avec l'épouvantable accent allemand dont elle ne pourra jamais se défaire. Elle s'occupe de tous : noblesse, clergé, armée, peuple.
Pierre III se retrouve seul, les rats ayant abandonné le navire qui sombre, comme il se doit!
Les courtisans sont partis... offrir leurs services à Catherine! Le 30 juin 1762, Catherine fait son entrée à Petersbourg. Elle a réussi à faire croire à tout le monde qu'elle avait été portée sur le trône par l'enthousiasme du peuple, qu'elle était l'Espoir d'une grande Russie sereine et puissante.. Pierre a abdiqué. Mis en captivité, il subira le sort suprême des mains d'Orlov. Il sera étranglé, le 7 juillet 1762.

 

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La petite princesse adultère devient la Grande Catherine


Elle veut et va passer pour un de ces monarques éclairés. Elle se dit scandalisée par la situation des serfs et a peut-être sincèrement pensé y remédier, mais elle est bloquée par la noblesse qui l'a portée sur le trône et ne peut ou ne veut lui déplaire, ni toucher à ses privilèges.


En fait, Catherine va continuer gaiement à se fabriquer des fidèles, leur distribuant rentes, terres comprenant le cheptel moujik par milliers. C'est un ancien et excellent système qui a fait ses preuves depuis les tous débuts de l'humanité. Il faut donc le conserver! Elle a fait paraître oukase sur oukase, décret sur décret. Mais nul n'a été appliqué. Catherine est pourtant une grande travailleuse, un infatigable chef d 'Etat.

Chaque nuit, elle se glisse hors des bras de l'amant du jour, du mois ou de l'année, et, à la lueur tremblante d'une bougie, écrit inlassablement à ses nombreux correspondants philosophes européens. Elle a une devise :
- Nulla dies sine linea


Elle les invite à Pétersbourg. Seul Diderot osera se risquer, les autres ont une peur bleue de ce pays sauvage. Diderot, le seul de ces sommités intellectuelles à accepter l'hospitalité de la tsarine, fut d'abord un objet de curiosité pour la cour impériale, mais semble n'avoir guère laissé de traces durables. La mode des belles idées des philosophes ne dépassera pas les dorures du palais ou celles des maisons de l'aristocratie. Diderot finit par ennuyer tout le monde y compris sa bienfaitrice! On le renvoie chez lui. Même exilé, il continue à louanger l'impératrice. Et il n'est pas le seul!

Catherine, la sanglante, est ainsi portée aux nues!
Néammoins, le XVIIIe siècle, dit siècle des Lumières, est une ère de progrès. Les monarques sont, à présent, des despotes éclairés!
Catherine II ne décide que quelques réformes mesquines qui ne doivent, en aucune manière, menacer la puissance de l'Etat, ni celle de la noblesse qui le soutient.

Catherine oeuvre pour la glorification de l'empire. L'empire c'est elle, donc elle oeuvre pour sa propre gloire. Elle réussira grâce à sa capacité de travail, son courage indomptable, son don de l'organisation.
Elle se libère dans une correspondance impressionnante. L'impératrice veut séduire ce milieu d'intellectuels d'Occident, elle se fait mutine, s'essaie à paraître modeste. Et pourtant...
Cette si grande gloire sera ternie par des actes terrifiants : Elle est coupable d'avoir fait assassiner deux tsars, dont son époux (même s'il s'agit d'un minable!).
Elle est coupable d'avoir donné de l'espoir à son peuple et laissé avorter de superbes projets.
Elle est coupable d'avoir écarté son fils du trône...(ce qui n'était sans doute pas une erreur!)

Ravie, Catherine se grise au milieu de sa cour dont elle est l'âme. Un petit bout de femme, rondelette, nez et menton pointus, qui aime la gaieté, le rire. Par contre, l'impératrice ne supporte ni la vulgarité, ni les propos grossiers et de mauvais goût.


Elle ne supporte pas les plaisanteries polissones, ni les attitudes provocantes ou les familiarités de la part de l'amant du moment. Amant qu'elle loge dans des appartements tout contre les siens pour ne pas perdre de temps sans doute!
Comme on peut le lire dans les romans du XIXe siècle, Catherine vit ses aventures comme un homme, mais n'utilise pas de garçonnière!

En devenant russe, en devenant impératrice, elle a changé de sexe, elle a la mentalité d'un mâle conquérant.

 


Elle choisit les plus beaux éphèbes, s'ils se montrent bons dans certains exercices très privés, elle les usera jusqu'à la corde, sinon ils seront renvoyés à leurs chères études! Qu'importe leur intelligence limitée, ils ne sont pas recherchés pour leur conversation!

L'impératrice mène, en quelque sorte, une vie régulière. Elle n'est guère attirée par les plaisirs de la table, ne s'y entend pas en musique.

 

Travaillant énormément, son seul repos, sa seule détente : l'amour physique... Mais il lui faut un partenaire qui y excelle, bien sûr! Henri Troyat remarque :
«L'amour ne doit pas donner prétexte à la plaisanterie!»

Opinion de l'impératrice aussi exaltée dans sa chambre que pudibonde dans un salon.

 

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Poniatowski, un autre de ses amants, deviendra le dernier roi de Pologne


Et pourtant, avant les Orlov, Catherine eut un amant qui lui vouera un amour éternel, sera son homme de paille, supportera péniblement la couronne de Pologne qu'elle lui a posé sur la tête, perdra honneur et dignité pour elle, n'ayant jamais compris pourquoi elle l'avait rejeté. Cet homme, s'appelle Stanislas Poniatowski.


La nouvelle impératrice devient l'ointe du Seigneur, autocrate de toutes les Russies le 22 septembre 1762. Elle n'a pu ignorer la fin terrifiante de l'ancien tsar déchu, mais fait l'autruche. Il est évident que pour atteindre son but, elle devait se débarrasser de cet époux encombrant. Cela ne l'empêche nullement de paraître devant le peuple, baignée de pleurs et de publier sa douleur par un édit!

Cette Catherine-Sophie venue d'une obscure province appartenant au roi de Prusse est à présent maîtresse d'un immense empire. Catherine II est, pour la postérité, la Grande Catherine ou mieux Catherine le Grand. Il paraît qu'elle était remplie de bonnes intentions et de projets philanthropiques car elle s'est nourrie des théories des philosophes de ce siècle des Lumières!


Au fait, un de nos compatriotes a-t-il été sur la célèbre liste des amants impériaux? Une énumération qui n'en finit plus et pourrait lasser à la longue!

 

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Potemkine, son grand amour



Lorsque Catherine s'est débarrassée d'Orlov, elle avait été impressionnée par un énorme mâle, laid et borgne mais qui la charme fort. Un jour il revient à la cour et fait jeter dehors le benêt de service muni toutefois d'un viatique : 100.000 roubles et 7.000 (!) paysans...
- Il a la tête pleine de foins, déclare l'impératrice imperturbable. Peut-être, mais le benêt part les poches pleines.

Le nouveau, c'est Potemkine, l'énorme mâle qui inspire la reine : - (...) mon unique chéri, mon petit Grisha a étanché ma soif. Je te remercie de ton régal d'hier!
Une chatte en chaleur, voila ce qu'est devenue le despote éclairé, la maîtresse de cet immense empire. Elle écoute ses avis, ses conseils, discute avant ou après l'amour des affaires de l'Etat.

 

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Un mariage secret?

 

 

 Le bruit courut qu'elle l'avait épousé! L'époux a été décoré par les grandes nations sauf par la France qui lui refuse l'Ordre du Saint- Esprit et l'Angleterre, celui de la Jarretière. Il semble être le slave typique, grand dépressif.
Cette passion dévorante va évidemment s'atténuer, mais Potemkine voulant conserver son emprise sur la tsarine, agira désormais en pourvoyeur, choisira ses remplaçants pour occuper les nuits tandis qu'il garde l'oreille, le conseil. Cela paraît avoir été un fructueux marché! Plus l'âge vient, plus l'impératrice est amateur de chair fraîche!

Heureusement, elle se fait aussi amateur d'art, acheteur de tout ce qui doit faire pâlir d'envie la vieille Europe, pour la grandeur de la Russie. Elle charge, pour cela, ses correspondants favoris, Diderot, Grimm, de lui dénicher ce que l'on fait de mieux.
Elle rafle, sous le nez des autres souverains, des collections entières provenant de successions ou autres ventes. Il lui faut tout et tout de suite. Comme en amour, comme en politique, elle est insatiable!
En 1785, deux mille six quatre vingt cinq toiles seront en sa possession.
Pour les abriter, Catherine construit un musée dans sa capitale, Saint-Pétersbourg. Ce sera l'Ermitage, palais commandé à un Français, un certain Vallin de La Mothe. L'impératrice remplit le palais de ses achats, de ses commandes : peintures, objets d'art envahissent les immenses salles.
Tout le monde connaît son goût pour l'art français. Certains, parmi ses sujets, jaloux, affirment leur désapprobation. Catherine II n'aime pas la France de Louis XV mais sera durement frappée par le drame subi par son petit-fils Louis le seizième.

Alors, que dire en guise de conclusion?
La vie de Catherine II est faite de contradictions énormes : louanges hyperboliques ou dénigrement systématique, libéralisme et absolutisme, pacifisme et impérialisme.
Catherine se dit protectrice des Arts et des Lettres, mais emprisonne les écrivains qui ne font pas partie des louangeurs!
Elle est admiratrice des philosophes des Lumières mais vitupère contre la Révolution Française qui a jeté à bas et d'horrible façon la Monarchie.
Au fond, une chose, une seule, aura guidé sa vie : le pouvoir, la consolidation de ce trône auquel sa naissance ne l'avait pas destiné! A sa mort, tout fonctionne, l'autorité est incontestée. La Russie agrandie, disciplinée a sa place en Europe. Quel destin et surtout quelle Femme!

 


 

 Comme Messaline ou Isabeau de Bavière, Catherine II a été une vedette de film X

 

Une héroïne de film X

 

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Un film X consacré à Catherine

 

L'action se situe en 1775, en Russie, à l'époque de Catherine II qui est impératrice . Un courrier arrive au palais, porteur de mauvaises nouvelles. En effet, depuis quelque temps, l'ex-cosaque Pougatchev entraîne le peuple à se rebeller contre l'autorité de l'impératrice. Avec l'aide de ses fidèles, il est parvenu à s'emparer de plusieurs forteresses dans l'Oural.

 

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Pougatchev

 

Et l'insurrection couve, ce qui ne manque pas d'énerver Catherine, et son fils Paul, un être cruel atteint de démence, et sadique au dernier degré. Comme toujours, Catherine demande conseil au Baron Potemkine, bras droit fidèle de la souveraine et amant occasionnel. Il faut préciser que l'impératrice Catherine possède un appétit sexuel qui ne paraît pas avoir de limites. La voilà donc, escortée de ses suivantes, en train de faire une revue de la garde, et de choisir parmi les soldats de l'Empire quelques fougueux "specimens" qui auront l'honneur suprême de la satisfaire dans la soirée.

 

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 Catherine choisissait ses étalons dans la garde 

 


Parallèlement aux frasques de l'impératrice, l'histoire suit les pérégrinations du lieutenant Basile Mirovitch, soldat dévoué, courageux et intègre, cherchant à rencontrer la tsarine afin de récupérer les terres qui ont été confisquées à sa famille, punition résultant de la désobéissance du père de Basile au tsar, une quinzaine d'années auparavant. Pour l'heure, Basile a été convié au mariage de sa cousine, dans un petit village. Tandis que la fête bat son plein, le village est attaqué par la horde de Pougatchev, surnommé "Le Tigre de Sibérie". Il s'en suit un massacre en règle, on tue les hommes, on viole les femmes, on s'empare du butin... Bref, la routine pour une troupe de soudards.


Dans le feu de l'action, Basile est poignardé dans le dos et laissé pour mort. Il sera sauvé par Stefan, un fidèle compagnon d'arme et brillant ingénieur. Après une brève période de convalescence, les deux hommes se rendent au palais de la tsarine en vue d'obtenir une audience. En chemin, ils sont témoins d'une chasse à coure dont le gibier est un pauvre serviteur ayant eu l'affront de s'opposer à la violence de Paul, fils dément de la tsarine. L'homme sera mis à mort sans la moindre pitié par les membres de la Cour, aussi décadents que la tsarine est nymphomane. Celle-ci parvient d'ailleurs à concilier avec une étonnante facilité les affaires politiques et ses petites soirées "privées", orgies en grandes pompes, partouzes de luxe, sans oublier quelques petits intermèdes ludiques aux bains réservés à l'impératrice et ses plus fidèles servantes. C'est dans ce contexte que Basile et Stefan arrivent dans les Quartiers d'Eté de la Grande Catherine. La tsarine ne va pas manquer de séduire Basile, dont la beauté n'a d'égale que sa fidélité à l'Empire. Mais fidélité ne veut pas dire soumission, et Basile refuse de partager les jeux sexuels de la tsarine, ce qui le conduit aux fers. Il va falloir toute l'ingéniosité de Stefan pour le sortir de ce bien mauvais pas.

 


Réalisé en 1983, "Catherine la Tsarine Nue" constitue l'un des derniers fleurons du cinéma X, avec "Les Orgies de Raspoutine", tourné la même année, avec la même équipe (co-réalisation de Ernst Hofbauer et Klaus König pour ce dernier) et les mêmes acteurs. Alors que la vidéo a d'ores et déjà envahi le monde du porno, les Allemands tournent encore en 35mm, persistant contre vents et marées à proposer au public de véritables superproductions, comme ce "Catherine la Tsarine Nue" doté d'un budget d'un million de dollars, une somme qui dépassait largement la moyenne dans le circuit du X.

 

 Le film est donc dans la continuité de ce que l'Allemagne a pu produire dès le milieu des années 70 (et l'avènement du porno), grâce notamment aux talents conjugués de Gunter Otto ou Hans Billian, avec des films à gros budget dont les oeuvres les plus marquantes demeurent la série des "Josefine Mutzenbacher", entamée en 1976, et parachevée en 1984.

 

Si l'on est dans le créneau du X, il n'en demeure pas moins que ces oeuvres vont largement plus loin que ce que l'on trouve d'ordinaire. Les Allemands ont su conjuguer l'esthétisme des Scandinaves ("Les Belles Dames du Temps Jadis", "Les Leçons de Carolla", etc...), le professionnalisme des américains, l'humour et le savoir-faire des français pour aboutir finalement à un résultat qui reste sans égal dans le monde du porno. Le fait d'avoir transposé la plupart des trames dans un contexte historique (généralement l'époque des tsars) est particulièrement efficace, et les moyens mis en oeuvre se voient sans conteste à l'écran.

 

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Sandra Nova dans le rôle titre


De plus, il faut souligner une interprétation sans failles des interprètes, mélangeant acteurs issus du cinéma traditionnel et vedettes du X. Ces dernières prouvent qu'elles savent également jouer la comédie, et de ne pas se contenter de prouesses physiques.

 

Catherine de Russie est incarnée par Uschi Karnat, connue aussi sous le nom de Sandra Nova. Après un début de carrière dans des polars allemands de la série "St Pauli Report", cette actrice allemande tourne ensuite des films érotiques ("Schülmädchen Report", "Girls without Men") pour finir dans le porno. Elle est aussi la vedette des "Orgies de Raspoutine" et de deux volets des "Josefine Mutzenbacher". Si elle n'est pas la plus belle des actrices ayant oeuvré dans le X, elle n'en est pas moins très charismatique, et surtout très talentueuse, donnant une authenticité dans les scènes de sexe et de comédie comme on aurait aimé en voir chez d'autres actrices.


Il est à noter que "Catherine la Tsarine Nue" est sorti sous différentes versions, variant de deux à trois heures, et proposant pour certaines plus de scènes dites "brutales" (de tortures, entre autres), et pour d'autres davantage de scènes explicites (dont bon nombre de gros plans ne figurant pas notamment dans la version commercialisée par René Chateau en K7). Le montage est également différent selon les versions, et on ne retrouve pas forcément certaines scènes d'orgies au même endroit, ce qui ne nuit évidemment pas à la compréhension du film. Il est possible de trouver la version longue du film chez l'éditeur allemand Herzog, malheureusement en deux dvd séparés, et uniquement dans la langue de Goethe. Cela dit, la vhs sortie à l'époque par René Chateau est bien suffisante pour se faire une idée de ce qu'étaient capables de faire nos voisins germaniques durant l'Age d'Or du cinéma porno. L'éditeur français édita aussi "Les Orgies de Raspoutine", peut-être encore meilleur que ce "Catherine...".


Pour finir sur une note historique, on se rend compte que le metteur en scène ne s'est finalement pas trop éloigné de la vérité, même s'il a évidemment pris quelques libertés, cela va de soi. Catherine II de Russie (1729-1796) devînt Impératrice de Russie en 1762, date à laquelle son époux, Pierre III, fut assassiné (probablement par Grigori Orlov, amant de Catherine). Catherine II était effectivement connue pour son appétit sexuel et ses nombreux amants, parmi lesquels figurait le Prince Potemkine. Elle a eu aussi, et c'est vrai, un fils prénommé Paul, qu'elle n'aimait pas, mais qui lui succédera sur le trône. Cependant, dans la réalité, Paul n'était ni cruel, ni pervers. Enfin, Pougatchev a réellement existé. Il fut le responsable d'une insurrection en 1773, et prétendant au trône. Ex-cosaque devenu vagabond, il fréquenta les monastères avant de se proclamer comme étant le Tsar Pierre III. Il fut exécuté en 1775.

Par Philippe et Olga - Publié dans : Références historiques - Communauté : Couples candaulistes
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