Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 00:00

Gégé poursuit et conclut son cheminement, que nous avons arbitrairement découpé en 3 parties. Nous espérons qu'il ne nous en voudra pas. L'absence de mise à jour du blog pendant notre absence n'a pas généré les débats qu'aurait mérité le texte.

 

Nous invitons instamment à le lire, dans son entiéreté. Nous allons le relire de notre côté et mettre notre point de vue, puisque nous sommes, et c'est bien normal, interpellés. Il en sera sans doute de même de Uto et de Uta et d'autres. A vos claviers, pour poursuivre ce dialogue avec Gégé.

 

Merci à lui

 

 

Philippe et Olga.

 


 

 

 

Le paradoxe de chacun d’entre nous tient au fait que nous souhaitons tout à la foi une chose et son contraire.

J’aimerais avoir une femme un peu provocante, très sensuelle et peu farouche mais l’image que je souhaite avoir de la mère de mes enfant est à l’opposée… toutes les femmes connaissent ce tiraillement incessant et les couples dans lesquels elles réussissent ce grand écart vertigineux sont, a priori, les plus épanouis. A ce jeu, ma femme adorée flirte avec la perfection.

En miroir, dans les couples que nous avons en exemple, la femme traduit une ambition également ambiguë : je veux que mon mari soit complaisant et me laisse ma liberté sexuelle mais je ne veux pas d’une «lopette» sans volonté ou soumis à la seule mienne à mes côtés. Cela flatte mon narcissisme, cela m’excite même peut-être (Uta et Olga en sont des illustrations majestueuses) mais, cette attitude presque servile altère mon sentiment amoureux qui se nourrit d’estime et de respect. Il évolue vers un attachement profond, une tendresse sincère. Ces sentiments peuvent sans doute être considérés comme de l’amour sachant toutefois que le désir physique en a été expurgé partiellement ou totalement. Le mari est le meilleur ami du monde ou le grand frère…… la relation est affectivement parfois fusionnelle : on ne se cache rien, on sait tout de l’autre mais on n’a pas envie de coucher avec… Si la belle s’y soumet ce n’est que par soucis de faire plaisir en éprouvant peu elle-même.

Le grand paradoxe de cette situation est que les maris les vivent comme excitantes, et, offrant à leur femme ce qui par convention leur était exclusif, démontrent un amour sans partage mais présentent en contrepartie une image d’eux-mêmes altérée. Peu ou plus actifs sexuellement avec leur femme, ils leur font l’amour par procuration et en jouissent. Les épouses s’imaginent toujours que le mari est comblé de cette situation (ça les arrange bien) et sur ce «malentendu» (ne «rouspétez" pas, Philippe et Uto et les autres, je maintiens qu‘il y a une part de malentendu dont je vais m‘expliquer), les choses se cristallisent dans ce sens et deviennent irréversibles.

Je parle de malentendu parce que chacun des témoignages transpire une pointe d’amertume ou de fatalisme. Certes, tous les maris s’extasient de voir leurs femmes adulées s’offrir et jouir encore et encore dans des bras étrangers. Mais qui me fera croire qu’ils n’aimeraient pas que leurs épouses vivent le même étourdissement dans les leurs? Que, finalement, le seul moyen de connaître cette amante là c’est de l’offrir à d’autres compétences que les leurs. C’est aussi l’aspect que je partage avec vous. Je tends à être persuadé que je ne connais pas une partie de ma femme qui ne s’exprime jamais dans mes bras et qu’elle méconnaît elle-même. Elle me soutient mordicus qu’elle n’a rien à exprimer de plus et que le meilleur amant du monde n’en obtiendrait pas davantage. Partant de là, inutile de chercher…

Que demain Uta, Olga se montrent aussi sauvages dans les bras de leur mari que dans d’autres et leur besoin de les voir se donner avec si peu de réserve à d’autres s’effilochera assurément. Que vous/nous continuions à y trouver un plaisir trouble, je ne le conteste pas. Mais il serait considérablement moins phagocytant.


Seulement, tous les paramètres, actions et réactions des uns et des autres s’opposent à ce revirement.

Pourquoi ?

Parce que cela demande au mari de ne pas accepter le seul rôle de mari complaisant dans lequel il se surinvestit et dans lequel on le maintien inconsciemment. Uto a souvent souligné ce paradoxe. Uta boude le lit d’Uto et à la fois lui en veut de déléguer sa position de mari. «J’ai ce que je veux mais ce que je veux n’est pas ce que je souhaite……… ???». Comment s’y retrouver ?

Ne pas devenir le mari piteux de Cohen, lutter contre la loi du temps qui passe et de la routine, affronter l’adversité de la lassitude, rester soi-même tout en étant attentif à l’autre… rester debout !

A oui ? Mais avec l’autre elle jouit plus ou plus fort ou mieux…. Je ne peux pas lutter !! Vous croyez quoi ? Que je suis un amant formidable ? Grand Dieu non ! Hélas ! Mais sacre bleu, je réinventerais chaque étreinte, chaque corps à corps pour m’améliorer chaque jour et offrir au souffle de ma vie ne serais-ce que l’envie de recommencer encore et toujours. J’ai un avantage considérable sur chacun d’entre vous, je n’ai pas à affronter de concurrence ! Bon ! Et alors ?
Je ne vous apprends rien et n’est pas cette ambition. Mais, excepté l’équilibre affiché par Philippe et Olga (il y en a d’autres), il reste exceptionnel. Je ne me rappelle plus qui témoignait avec fatalisme que la vie sexuelle de sa femme lui était devenue complètement étrangère et s’y était résigné tout en conservant une vie conjugale… c’est effrayant ! C’est effrayant parce que de toute évidence ce n’était pas un choix !!!!

Qu’est-ce qui se rompt au sein d’un couple qui s’aime ou qu’est-ce qui n’a jamais fonctionné (Uto/Uta) ? Deux éléments se télescopent invariablement : la découverte (ou la réalisation) d’un fantasme particulièrement puissant et/ou une révélation pour la femme, celle des ressources jusqu’alors inconnues ou méconnues du plaisir que son corps peut lui offrir. Face à cette évidence, le mari amoureux et généreux se sent très rapidement illégitime en tant qu’amant. S’il fait jouir sa femme c’est toujours moins bien que l’autre… elle préfère manifestement conduire la BMW plutôt la Clio, je la lui laisse bien volontiers !

En outre, je suis tellement excité par la situation que même si nous sommes dans notre plus simple intimité j’éprouve le besoin qu’elle me raconte, qu’elle me dise combien c’était bien ou mieux avec l’autre, combien sa queue est plus belle, plus grosse, combien il est plus endurant, combien il l’a fait jouir….. Ça vous rappelle quelque chose ? Bref, on en sort jamais… l’autre n’est jamais aussi indispensable que quand il est absent ! Quel mal y a-t-il ? Mais, aucun ! Je ne prétends pas distinguer le bien du mal, c’est autre chose qui m’intéresse. C’est l’effet pervers de cette addiction à l’autre dans sa propre sexualité de couple. Nous distillons un poison mortel dans les veines même de nos couples tout en y éprouvant des orgasmes inégalés.

Ce ressort est pervers car il débouche forcément sur l’idée que l’autre est indispensable au couple qu‘il soit unique et fidèle (JJ, Hassan), ou interchangeable. Par vice, nous insistons et insistons encore sur la puissance, la supériorité de l’autre aux dépens de la nôtre. Nous martelons inlassablement nos insuffisances. Nous torpillons notre image d’homme avec une scrupuleuse assiduité. Et comme pour toute drogue, la dose nécessaire augmente chaque jour.

Notre moitié se laisse portée (ou pas selon sa personnalité, la mienne pas vraiment c‘est le moins que l‘on puisse dire, elle n‘apprécie que moyennement cette démarche) par notre insistance à nous dévaloriser au moins sexuellement. Déjà physiquement convaincue de la supériorité de l’amant, le plaidoyer auquel le mari demande à l’épouse de se livrer contre lui à chaque rapport achève de sceler les certitudes ! C’est un dieu au lit, tu es nul. Maris et femmes parviennent à une espèce d’autosuggestion réciproque dans laquelle ils valident les impressions, au départ éventuellement indécises, de chacun.

L’altération du désir de la femme pour son mari s’aggrave tandis que ce dernier, de plus en plus frustré, voit le sien croître en proportion. Les rapports sexuels du couple se raréfient et sont de toute façon l’occasion d’évoquer les qualités formidables de l’amant.

Il n’y a pas d’entreprise de démolition d’une sexualité de couple plus aboutie que cet enchaînement. Le mari est devenu «le gentil petit mari» qui laisse sa femme adorée en des mains fiables pour lui permettre de s’épanouir physiquement en dehors de ses bras incapables… Il n’y a qu’à lire les commentaires plus ou moins condescendants de ces dames envers leurs maris pour le comprendre. Le plus amusant est que chacun a travaillé avec soin à forger pratiquement de toute pièce cette construction totalement artificielle !

Je ne veux pas qu’on pense que je condamne qui que ce soit et je sais bon nombre d’hommes qui ne changeraient cette issue pour rien au monde tout convaincus qu’ils sont d’être insuffisants et tout excités qu’ils sont de continuer à le croire «il n’y a pas plus esclave que celui qui se plaît à l’être». A chacun son libre arbitre et son bonheur, il est déjà si difficile de construire le sien.. Alors celui des autres…!!

Jules Renard a du écrire : «il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas !» (C’est peut-être cité avec approximation).


Pour ceux qui ont eu le courage de me suivre jusque-là, ils doivent se demander où je veux arriver. J’y viens. Sur cette curieuse métamorphose du couple jusqu’à sa mutation définitive selon les configurations dont nous sommes témoins, plane une certaine insatisfaction des maris. Je ne parle pas de frustration régulièrement décrite comme jouissive. Non, il s’agit bien d’un manque. Ils ont offert la liberté sexuelle à leur femme et s’en voit partiellement ou totalement exclue soit physiquement (plus de rapport) soit virtuellement (rapports bâclés ou expédiés mais toujours avec manifestation d’une ostensible lassitude) ! Je crois que vous avez négligé l’essentiel dans votre démarche : votre image. De fait vous avez contribué à détruire patiemment le désir de votre femme pour vous.

Cela excitait peut-être madame de vous humilier autant que vous (cf Olga et Uta pour changer), mais cette «pratique» se doit d’être des parenthèses éphémères. Quand bien même elles sont sources d’une excitation sans équivalent, le recours à ces modèles se doit de relever de l’exceptionnel. De même, l’introduction de l’amant dans la fantasmagorie intime du couple ne doit pas être systématique. Il faut se retenir d’utiliser ce catalyseur d’adrénaline pour continuer à exister dans les bras de son épouse sans un tiers surtout s’il sert à se dévaloriser (ce qui est très excitant pour certains, j’en conviens fort bien).

Il est à mon sens, mais ce n’est que mon opinion, et même si je la partage (lol), elle n’engage que moi ! Nécessaire de se conserver le désir de son épouse… L’incompatibilité sexuelle est une absurdité totale !

Uto, qui a dit que le seul orgasme noble est celui consécutif à la pénétration d’un pénis dans un vagin ? Ce n’est pas inscrit sur les Tables de la Loi, pas plus que dans le Talmud ou dans la Bible, pour le Coran je ne le sais pas je ne lis pas l’arabe. Je rappelle que l’excision révoltante pratiquée sur les clitoris de certaines -des millions, une honte !- jeunes femmes africaines est destiné à anéantir leur plaisir sexuel, on en cautérise pas leur vagin ! Combien de femme considériez-vous infirme par de telles affirmations 20, 30, 70 % ? Peu de femme jouissent consécutivement à un simple coït : la plupart ont recours à une stimulation clitoridienne simultanée (frottement, masturbation…manuelle ou vibro). Vous allez me dire que si leur mari ou partenaire était mieux équipés, elles y parviendraient ! Foutaise, je vous l’assure mais je ne vais ni vous embarrasser d’un cours d’anatomie appliquée (là j‘ai quelques compétences), ni d’une leçon de sexologie (là, je serais de mauvaise foi si je prétendais en avoir mais je suis plutôt bien documenté).

Ne pas parvenir à offrir à sa femme les orgasmes que l’amant lui offre peut relever de quantité de paramètres (cf Cohen). Les mensurations en sont une ? Admettons, mais cela doit-il me condamner à regarder ma femme s’éclater en me collant une arthrose du poignet ? Dois-je l’accepter ? Doit-elle m’y «contraindre» pour me «punir» comme certaines femmes le prétendent dans leurs commentaires puérils et assassins envers leurs maris (comme l’est Uta ne l’oublions pas : ses posts sur le forum candauliste sont froidement désobligeants, elle n’a pas la plume affectueuse le plus souvent, c’est le moins que l’on puisse dire. Le romantisme ce n’est pas vraiment son truc, c’est son droit. En outre, Je n‘ai pas voulu relever un de ces derniers commentaires dans lequel elle revendiquait le plaisir qu‘elle prenait à satisfaire son mari. Elle ne devrait pas parler d‘Uto ou Uto nous raconte une histoire qui n‘est pas la leur… la distorsion entre ce commentaire et les confessions d‘Uto étaient sidérants).

Non ! Non ! Et mille fois non ! Être candauliste ne sous-entends pas un tel sacrifice. Ou alors il s’agit d’une relation cuckold planifiée.

Soigner son image de mari, amoureux mais digne, savoir résister à ses fantasmes aussi est nécessaire (sur l’oreiller où la tentation est grande), pour contraindre l’autre à se conserver une image valorisée et non dégradée de l’homme qu’elle a épousé. L’aider tout simplement préserver son désir pour nous et pas seulement par complaisance. Désirer viscéralement partager une sexualité avec cet homme-là et si elle est différente, si l’orgasme s’obtient par des chemins détournés, il y est !! Et il est partagé et non plus offert ou éprouvé par procuration. Et s’il ne s’obtient pas, il s’obtiendra. Non il ne peut y avoir d’incompatibilité entre deux êtres qui s’aiment parce que justement ils s’aiment et chacun désire ardemment jouir du plaisir de l’autre au-delà du sien, ce que démontrent tous les maris candaulistes.

Mais ce désir n’est jamais acquis. Seul l’amant le sait acquis pour lui-même, débarrassé qu’il est de la pollution de la routine. Il n’est jamais piteux, lui, il est resplendissant ! Donc il nous faut le reconquérir inlassablement. Un champion sportif n’a jamais à conserver son titre… il lui faut le reconquérir d’année en année. Nous devons nous livrer au même défit. Croire que les femmes sont épargnées est un leurre. C’est aussi difficile pour vous, mesdames, dans les couples plus«ordinaires».Il faut maintenir le désir chez l’autre également… c’est du boulot !

Pourquoi je m’entretiendrais physiquement si ce n’était dans ce but ! Pourquoi je travaillerais sinon pour avoir les moyens de la combler ? Pour je m’achèterais des vêtements si ce n’était pour qu’elle soit fière d’être à mes côtés ? Pourquoi j’essaierais inlassablement d’être le type bien qu’elle aime si ce n’était pour qu’elle continue à m’aimer ? Pourquoi lui résisterais-je si ce n’était pour qu’elle continue à me désirer (je suis de mauvaise fois-là, je n’ai jamais pu lui résister !) ? Pourquoi irais-je relever des défit si ce n’était pour qu’elle m’admire un peu ? Pourquoi lui répéterais-je que je l’aime, si ce n’était pour qu’elle ne l’oublie jamais ? Pourquoi.. Pourquoi… pourquoi…

«La plus grande fatigue de l’existence n’est peut-être en somme que tout le mal qu’on se donne pour demeurer 20 ans, 40 ans, davantage raisonnable, au lieu d’être simplement, profondément soi-même c’est-à-dire ignoble, atroce, absurde. Cauchemar d’avoir à présenter toujours, comme un petit idéal universel, surhomme du matin au soir, le sous-homme claudiquant qu’on nous a donné» LFC.

L’ambition de faire jouir se femme n’a pas à être limité par une question de centimètres. Les femmes ne jouissent-elles pas d’abord par l’oreille ?

Merci pour votre patiente et indulgente lecture. Même si le ton est parfois sentencieux n'y voyez qu'un cheminement intellectuel et non le discours d'un quelconque donneur de leçon suffisant, ce que je ne suis pas. Vous pouvez me contester autant que chacun le voudra, il s'agit d'un débat pas d'une version péremptoirement définitive.

Amitiés.

 

Gégé

 

Par Gégé (mise en page de Philippe et Olga) - Publié dans : Articles généraux - Communauté : Couples candaulistes
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